Enigmes et interrogations pour l'éveil de l'esprit
Background Illustrations provided by: http://edison.rutgers.edu/
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construirenotrefutur:

"Pour une économie plus humaine" est un livre résolument tourné vers l’action. Il clarifie le concept de "social business" en s’appuyant sur les exemples réalisés entre la Grameen Bank et des groupes internationaux tel que Danone, Veolia et Adidas.
Ce livre s’inscrit dans la continuité du précédent (“Vers un nouveau capitalisme” du même éditeur) où Muhammad Yunus expliquait largement le concept de microcrédit et comment il en était venu à le développer dans son pays natal, le Bangladesh, suite à la terrible famine de 1974.
Surnommé le “banquier des pauvres” pour avoir créé en 1983 la Grameen Bank (qui signifie “Banque du village” en bengali), il reçoit le Prix Nobel de la Paix en 2006 pour ces “efforts pour promouvoir le développement économique et social à partir de la base”. Aujourd’hui, la Grameen Bank compte 8 millions d’emprunteurs dont 97% sont des femmes.
Muhammad Yunus est aussi l’instigateur d’un autre concept majeur : le social business. Ce concept ressemble à l’entrepreneuriat social tel qu’il est pratiqué en France depuis une trentaine d’année, si bien qu’il règne une certaine confusion dans sa définition. Le social business apparaît comme une sous-catégorie de l’entrepreneuriat social plus propice à résoudre des problèmes sociaux particuliers qui touchent plus fortement les pauvres.
Muhammad Yunus centre son livre “Pour une économie plus humaine” sur le concept de social business. Il le développe, l’enrichi et l’éclaire des exemples des social business réalisés en collaboration avec des groupes internationaux tel que Danone, Veolia, Adidas, BASF et Intel. 
Extraits (source : Pour une économie plus humaine, Muhammad Yunus, JC Lattès)
Le concept de social business : 

"Un social business est une entreprise dont les investisseurs cherchent à venir en aide à d’autres individus sans en retirer de bénéfice personnel. Ce n’en est pas moins une véritable entreprise qui réussit à couvrir l’ensemble de ses coûts ; elle peut ainsi s’autofinancer. Si elle réalise un bénéfice, elle l’investira pour développer son activité ou pour accroître les avantages dont elle fait profiter la société. Le social business ne réalisant pas de pertes et ne distribuant pas de dividendes : elle se consacre entièrement à la réalisation d’un objectif social." (page 23-24)
"Concevoir un social business, c’est comme faire germer une graine. Une fois que la graine a germé, n’importe qui peut la planter là où on en a besoin. Puisque chaque unité s’autofinance, le financement de l’entreprise n’est plus une contrainte." (page 31)  
"Les gouvernements auront un rôle important à jouer en matière de promotion du social business. Ils devront adopter des législations destinées à lui donner une reconnaissance légale et créer des organismes de régulation garantissant la transparence et l’intégrité de ce secteur. Ils pourront également offrir des avantages fiscaux tant aux investisseurs qu’aux social business eux-mêmes." (page 34)  
"Un social business est une entreprise d’un type nouveau. Il diffère de l’entreprise traditionnelle, qui cherche à maximiser le profit (ce qui est le cas de presque toutes les entreprises privées dans le monde d’aujourd’hui), comme de l’organisme caritatif qui dépend des dons ou de la philanthropie. Il est également distinct d’autres notions comme l’entreprise social, l’entreprenariat social ou l’entreprise socialement responsable, qui correspondent à différents types d’entreprises traditionnelles." (page 37)  
"Un social business est étranger au monde de la recherche du profit. Son objectif consiste à résoudre un problème social en utilisant des méthodes forgées par le monde de l’entreprise pour créer et commercialiser des biens et des services." (page 37) 
"Contrairement à un organisme caritatif, un social business a des investisseurs et des propriétaires. Mais ceux-ci ne perçoivent pas de profit, de dividende ou d’autre forme de bénéfice financier. Les investisseurs peuvent récupérer leur mise initiale au terme d’une période qu’ils auront eux-mêmes définie." (page 38) 
"Le social business, c’est la joie. Quand vous vous y engagez, vous découvrez qu’il ne cesse de vous apporter satisfaction." (page 40) 
"Un social business est exclusivement destiné à produire des bénéfices sociaux. Il ne cherche pas à rémunérer les investisseurs. Son impact social peut donc être très puissant." (page 51) 
"L’idée de social business peut, bien sûr, être pervertie. Certains individus puissants chercheront à dénaturer ce concept et à le mettre au service de leurs intérêts, tout comme l’on fait ceux qui ont appliqué le terme de "microcrédit" à des entreprises qui, en réalité, pratiquent l’usure. Les gens bien intentionnés devront rester sur leurs gardes et se méfier de ceux qui emploieront abusivement la notion de social business." (page 74)

Les 2 types de social business :

"Un social business de type I produit des biens et des services afin de remplir une mission sociale et n’est pas détenu par des personnes pauvres. Il ne distribue pas de dividendes à ses propriétaires : tout profit est réinvesti pour financer la croissance de l’entreprise et pour accroître les bénéfices qu’elle apporte à la société.” (pages 273)
"Un social business de type II est détenu par des personnes pauvres (c’est le cas de la Grameen Bank) ou par une société d’investissement créée pour apporter des bénéfices aux pauvres. Un social business détenu par les pauvres leur procure directement un revenu. Mais comme l’actionnariat individuel est source de multiples problèmes juridiques dans le système existant, l’une des manières d’apporter aux pauvres ou à des groupes défavorisés l’ensemble des bénéfices produits par une entreprise maximisant le profit  consiste à attribuer la propriété de cette entreprise à une société d’investissement qui transférera ces bénéfices aux populations concernées.” (pages 273)

Mes conclusions
Muhammad Yunus est une personnalité et un symbole, figure de proue du microcrédit et du social business. C’est certainement ce qui lui a valut les attaques politiques scabreuses dans son pays, qui ont soulevées l’indignation de la communauté internationale et mis en doute la crédibilité de la classe politique du Bangladesh.
Dans son livre “Pour une économie plus humaine”, Muhammad Yunus s’attache à répondre à la question centrale : comment créer un social business ? Il ne fait aucun commentaire sur les attaques politiques dont il est victime, tribulations qui ne sont à ce jour pas encore terminées.
Maria Nowak, Présidente des Amis de Grameen, a rédigé pour l’édition française une préface en forme de soutient. Maria Nowak, qui est aussi la présidente de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), a été une des premières personnes à manifester en France son soutient à Muhammad Yunus alors que la “Vandetta” politique sévissait depuis plusieurs mois.
"Pour une économie plus humaine" est un livre passionnant, concret, positif et à recommander à ceux qui sont en quête de moyens concrets pour créer un monde équilibré.
Références
Lettre de soutient de Nicolas Sarkozy
Wikipedia - Yunus under attack
Babyloan - microcrédit

construirenotrefutur:

"Pour une économie plus humaine" est un livre résolument tourné vers l’action. Il clarifie le concept de "social business" en s’appuyant sur les exemples réalisés entre la Grameen Bank et des groupes internationaux tel que Danone, Veolia et Adidas.

Ce livre s’inscrit dans la continuité du précédent (“Vers un nouveau capitalisme” du même éditeur) où Muhammad Yunus expliquait largement le concept de microcrédit et comment il en était venu à le développer dans son pays natal, le Bangladesh, suite à la terrible famine de 1974.

Surnommé le “banquier des pauvres” pour avoir créé en 1983 la Grameen Bank (qui signifie “Banque du village” en bengali), il reçoit le Prix Nobel de la Paix en 2006 pour ces “efforts pour promouvoir le développement économique et social à partir de la base”. Aujourd’hui, la Grameen Bank compte 8 millions d’emprunteurs dont 97% sont des femmes.

Muhammad Yunus est aussi l’instigateur d’un autre concept majeur : le social business. Ce concept ressemble à l’entrepreneuriat social tel qu’il est pratiqué en France depuis une trentaine d’année, si bien qu’il règne une certaine confusion dans sa définition. Le social business apparaît comme une sous-catégorie de l’entrepreneuriat social plus propice à résoudre des problèmes sociaux particuliers qui touchent plus fortement les pauvres.

Muhammad Yunus centre son livre “Pour une économie plus humaine” sur le concept de social business. Il le développe, l’enrichi et l’éclaire des exemples des social business réalisés en collaboration avec des groupes internationaux tel que Danone, Veolia, Adidas, BASF et Intel.

Extraits (source : Pour une économie plus humaine, Muhammad Yunus, JC Lattès)

Le concept de social business : 

"Un social business est une entreprise dont les investisseurs cherchent à venir en aide à d’autres individus sans en retirer de bénéfice personnel. Ce n’en est pas moins une véritable entreprise qui réussit à couvrir l’ensemble de ses coûts ; elle peut ainsi s’autofinancer. Si elle réalise un bénéfice, elle l’investira pour développer son activité ou pour accroître les avantages dont elle fait profiter la société. Le social business ne réalisant pas de pertes et ne distribuant pas de dividendes : elle se consacre entièrement à la réalisation d’un objectif social." (page 23-24)

"Concevoir un social business, c’est comme faire germer une graine. Une fois que la graine a germé, n’importe qui peut la planter là où on en a besoin. Puisque chaque unité s’autofinance, le financement de l’entreprise n’est plus une contrainte." (page 31)  

"Les gouvernements auront un rôle important à jouer en matière de promotion du social business. Ils devront adopter des législations destinées à lui donner une reconnaissance légale et créer des organismes de régulation garantissant la transparence et l’intégrité de ce secteur. Ils pourront également offrir des avantages fiscaux tant aux investisseurs qu’aux social business eux-mêmes." (page 34)  

"Un social business est une entreprise d’un type nouveau. Il diffère de l’entreprise traditionnelle, qui cherche à maximiser le profit (ce qui est le cas de presque toutes les entreprises privées dans le monde d’aujourd’hui), comme de l’organisme caritatif qui dépend des dons ou de la philanthropie. Il est également distinct d’autres notions comme l’entreprise social, l’entreprenariat social ou l’entreprise socialement responsable, qui correspondent à différents types d’entreprises traditionnelles." (page 37)  

"Un social business est étranger au monde de la recherche du profit. Son objectif consiste à résoudre un problème social en utilisant des méthodes forgées par le monde de l’entreprise pour créer et commercialiser des biens et des services." (page 37)

"Contrairement à un organisme caritatif, un social business a des investisseurs et des propriétaires. Mais ceux-ci ne perçoivent pas de profit, de dividende ou d’autre forme de bénéfice financier. Les investisseurs peuvent récupérer leur mise initiale au terme d’une période qu’ils auront eux-mêmes définie." (page 38)

"Le social business, c’est la joie. Quand vous vous y engagez, vous découvrez qu’il ne cesse de vous apporter satisfaction." (page 40)

"Un social business est exclusivement destiné à produire des bénéfices sociaux. Il ne cherche pas à rémunérer les investisseurs. Son impact social peut donc être très puissant." (page 51)

"L’idée de social business peut, bien sûr, être pervertie. Certains individus puissants chercheront à dénaturer ce concept et à le mettre au service de leurs intérêts, tout comme l’on fait ceux qui ont appliqué le terme de "microcrédit" à des entreprises qui, en réalité, pratiquent l’usure. Les gens bien intentionnés devront rester sur leurs gardes et se méfier de ceux qui emploieront abusivement la notion de social business." (page 74)

Les 2 types de social business :

"Un social business de type I produit des biens et des services afin de remplir une mission sociale et n’est pas détenu par des personnes pauvres. Il ne distribue pas de dividendes à ses propriétaires : tout profit est réinvesti pour financer la croissance de l’entreprise et pour accroître les bénéfices qu’elle apporte à la société.” (pages 273)

"Un social business de type II est détenu par des personnes pauvres (c’est le cas de la Grameen Bank) ou par une société d’investissement créée pour apporter des bénéfices aux pauvres. Un social business détenu par les pauvres leur procure directement un revenu. Mais comme l’actionnariat individuel est source de multiples problèmes juridiques dans le système existant, l’une des manières d’apporter aux pauvres ou à des groupes défavorisés l’ensemble des bénéfices produits par une entreprise maximisant le profit  consiste à attribuer la propriété de cette entreprise à une société d’investissement qui transférera ces bénéfices aux populations concernées.” (pages 273)

Mes conclusions

Muhammad Yunus est une personnalité et un symbole, figure de proue du microcrédit et du social business. C’est certainement ce qui lui a valut les attaques politiques scabreuses dans son pays, qui ont soulevées l’indignation de la communauté internationale et mis en doute la crédibilité de la classe politique du Bangladesh.

Dans son livre “Pour une économie plus humaine”, Muhammad Yunus s’attache à répondre à la question centrale : comment créer un social business ? Il ne fait aucun commentaire sur les attaques politiques dont il est victime, tribulations qui ne sont à ce jour pas encore terminées.

Maria Nowak, Présidente des Amis de Grameen, a rédigé pour l’édition française une préface en forme de soutient. Maria Nowak, qui est aussi la présidente de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique), a été une des premières personnes à manifester en France son soutient à Muhammad Yunus alors que la “Vandetta” politique sévissait depuis plusieurs mois.

"Pour une économie plus humaine" est un livre passionnant, concret, positif et à recommander à ceux qui sont en quête de moyens concrets pour créer un monde équilibré.

Références

Lettre de soutient de Nicolas Sarkozy

Wikipedia - Yunus under attack

Babyloan - microcrédit